ALTEREOS : LE DROIT AU TRAVAIL POUR TOUS

1 juillet 2021

Article publié sur BFM Business en juillet 2021.

Employer 85% de personnes handicapées dans une entreprise, comment est-ce possible ? Si l’on écoute Sylvie Cheynel, cela est simple. D’abord, avoir une activité qui le permette, ensuite, avoir une volonté farouche d’inclure, d’intégrer les personnes différentes. Et enfin, se battre pour être viable économiquement, ne pas se contenter de faire du social. Une équation complexe, mais qu’AlterEos a résolue depuis 30 ans.

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85% de salariés handicapés, c’est beaucoup !

Trente ans, 340 salariés dont 85% reconnus travailleurs handicapés, c’est l’équation vertueuse d’AlterEos, prestataire de services. A sa tête : Sylvie Cheynel , femme volontaire, modeste, tombée dans l’économie solidaire par hasard et restée par conviction. « J’ai la chance d’avoir un métier intéressant, diversifié et chargé de sens. Je sais pourquoi je vais travailler le matin : avoir le plaisir de retrouver des collaborateurs épanouis, heureux et fiers d’avoir un emploi» A l’entendre, il est facile de comprendre que, pour cette pharmacienne de formation, le hasard a bien fait les choses.

Mais comment est-il possible d’employer une telle proportion de personnes handicapées ?

D’abord, les activités d’AlterEos le permettent : elles vont de la dématérialisation de documents pour de grandes entreprises, au conditionnement de produits, en passant par un centre d’appels. Et puis, de nombreux aménagements ergonomiques ont été réalisés sur les 8000 mètres carrés de l’ancien bâtiment d’industrie textile, que la société occupe, à Tourcoing. Près de 30 000 euros d’aménagements annuels, pour être plus précis. Enfin, l’entreprise possède un organisme de formation facilitant l’employabilité des personnes en situation de handicap.

La dignité par l’emploi

« Je ne suis pas favorable à une société où les gens sont assistés. Je pense que notre société se doit d’aider chacun afin qu’il puisse trouver une dignité par l’emploi. Un travail procure un statut social ». Sylvie Cheynel se bat tous les jours pour l’inclusion et pour que les compétences des salariés fragilisés par un handicap, soient valorisées.

Qui sont ces travailleurs ? Le handicap est souvent invisible et les personnes en fauteuil roulant ne constituent que 2% des salariés d’AlterEos. 30% des salariés de l’entreprise sont fragilisés par une déficience intellectuelle, 30% sont affectés par un handicap physique, 30% par un handicap psychique et 10% par un handicap sensoriel. Mais l’entreprise va plus loin : une fois embauchés, la Direction cherche à maintenir l’activité de tous ses salariés. 96% d’entre eux sont en CDI, et le taux des plus de 50 ans est de 45% ; des chiffres qui méritent d’être brandis, tant ils sont à contre-courant des tendances.

Un équilibre fragile entre social et économique

Si on interroge Sylvie Cheynel sur les difficultés de gestion de ce type d’entreprise, elle répond que sa mission est d’assurer un équilibre fragile, entre le social et l’économique. Faire en sorte que l’activité soit toujours génératrice de main d’œuvre est le secret de la réussite. Résultat : la dirigeante, accompagnée de son équipe commerciale, passe ses journées à chercher du travail pour ses collaborateurs présents et futurs ! 

Faire du social, c’est générer de l’économique, mais, là aussi, chez AlterEos, cette gestion est particulière. Sa forme juridique est une SCIC, avec 100% des bénéfices placés en réserve impartageable et donc réinvestis dans l’entreprise. La mairie de Tourcoing mais aussi le Département du Nord et plusieurs entreprises sont sociétaires d’AlterEos et ont pleinement conscience des enjeux sociaux, sur leur territoire.

Tout faire pour que les personnes oublient leur handicap, parfois leur détresse psychologique, mettre en exergue leurs compétences, c’est cela qui a rendu heureuse Sylvie Cheynel, tout au long de sa vie professionnelle. A l’aube de la retraite, elle se surprend à rêver que le modèle de son entreprise en inspire beaucoup d’autres.

Altereos a reçu le prix spécial The Human Safety Net, fondation qui œuvre pour soutenir des personnes et communautés fragilisées (familles en situation de précarité et réfugiés), lors de la première Edition du prix EnterPRIZE, créé par le Groupe Generali.