VOICE : la première méthodologie de place pour évaluer l’efficacité de l’engagement actionnarial
Comment évaluer la qualité du dialogue entre l’entreprise et l’investisseur ? Après plus d’un an de travaux, la méthode VOICE publiée en juin 2026 propose un cadre international de référence pour clarifier la définition, la mesure de l’efficacité et le reporting de l’engagement actionnarial sur des thématiques ESG (environnement, social, gouvernance). Generali a activement contribué à l’élaboration de cette méthodologie de place à travers Generali Asset Management et Sycomore Asset Management, affiliées de Generali Investments, sous l’égide du Forum pour l’Investissement Responsable.
« Pour Generali, l’engagement actionnarial est un levier majeur de création de valeur durable. La méthodologie VOICE marque une étape importante en apportant un cadre de référence pour évaluer non seulement les actions d’engagement menées auprès des entreprises en portefeuille, mais aussi les changements observés et le degré d’influence exercé. Mieux mesurer cette contribution est une condition indispensable pour renforcer la confiance, améliorer les pratiques du marché et démontrer de manière crédible le rôle que peuvent jouer les investisseurs institutionnels dans la transformation durable des entreprises. »
Cédrik de Ternay, Directeur des Investissements et de la Trésorerie de Generali France
Accompagner la transformation des entreprises : un levier essentiel des investisseurs
Exclure certains secteurs ou entreprises est un des outils dont disposent les investisseurs institutionnels responsables. L’engagement actionnarial est aussi un levier stratégique, bien que plus méconnu : les investisseurs peuvent dialoguer avec les entreprises, exercer leur droit de vote en assemblée générale et porter des demandes précises auprès des entreprises afin d’influencer leurs pratiques, leur gouvernance ou leurs orientations stratégiques sur des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Pour un investisseur institutionnel de long terme comme Generali, cet outil est essentiel. Il permet d’accompagner les entreprises dans leur transformation, notamment sur les objectifs de décarbonation, le plan de transition, la prise en compte des dépendances et pressions sur la biodiversité, ou encore les politiques liées à la diversité, l’équité et l’inclusion. Reste une question centrale : comment démontrer que ce dialogue a produit un effet concret ? Compter le nombre de réunions, de courriers ou d’entreprises contactées ne suffit pas.
C’est pour répondre à ce besoin qu’a été créée la méthodologie VOICE, pour Valuation Of Influence in Corporate Engagement. Issue de plus d’un an de travaux associant praticiens et chercheurs, sous l’égide du Forum pour l’Investissement Responsable, cette méthodologie s’attaque à deux faiblesses persistantes du marché : l’absence d’une définition commune de l’engagement ESG et la difficulté à évaluer l’influence exercée sur les entreprises. Son ambition est claire : dépasser les indicateurs de volume, mieux apprécier la portée des actions menées et réduire le risque d’un simple affichage de l’engagement, parfois qualifié d’« engagement-washing ».
Passer du nombre d’actions à la preuve de l’influence
La méthodologie distingue le dialogue et l’engagement actionnarial, qui débute lorsqu’un investisseur adresse à une entreprise une demande de changement explicite, argumentée et assortie d’une attente d’interaction. L’objectif n’est plus seulement de comptabiliser les démarches entreprises, mais d’évaluer leur contribution à des évolutions concrètes.
VOICE analyse ainsi la chaîne d’influence, des moyens mobilisés aux changements observables au sein de l’entreprise. Sa boîte à outils repose sur quatre piliers : recenser les engagements selon des critères harmonisés, mesurer leur influence, en rendre compte de manière comparable et apprécier les ressources nécessaires à leur mise en œuvre. L’évaluation est menée objectif par objectif, qu’il s’agisse d’améliorer la transparence, de faire évoluer les pratiques opérationnelles ou d’accompagner une transformation stratégique.
L’une des principales innovations de VOICE réside dans son échelle à cinq niveaux d’influence, allant de l’absence d’influence démontrée à l’influence reconnue. À chaque étape, les exigences de preuve se renforcent : suivi des échanges, cohérence entre les évolutions observées et les demandes formulées, faisceau d’indices convergents et, au plus haut niveau, reconnaissance explicite par l’entreprise du rôle joué par l’engagement de l’investisseur. L’ambition est claire : dépasser la logique du décompte pour mesurer la capacité réelle de l’engagement actionnarial à produire des changements durables.
Generali, acteur d’une initiative de place
Generali a joué un rôle actif dans l’élaboration de VOICE, une méthodologie conçue pour mieux évaluer l’impact réel de l’engagement actionnarial. Aux côtés d’autres investisseurs et sociétés de gestion, Generali Asset Management et Sycomore Asset Management, affiliées de Generali Investments, ont participé aux travaux, illustrant l’implication du Groupe dans l’avancement des standards du marché.
Pour Generali France, cette démarche répond à un objectif concret : disposer d’outils capables d’apprécier la qualité des engagements menés pour son compte, de comparer les pratiques des gestionnaires d’actifs et de rendre compte des résultats obtenus au-delà du simple nombre d’interactions. Elle s’inscrit dans une approche de l’investissement durable où engagement actionnarial, exercice des droits de vote, exclusions et investissements durables agissent de manière complémentaire.
Des résultats déjà visibles dans les entreprises
Les engagements conduits par Generali montrent que le dialogue actionnarial peut contribuer à des évolutions tangibles. En 2024, Generali Vie a mené 53 dialogues avec des entreprises en portefeuille, dont huit ont débouché sur des résultats concrets.
Sur le climat, l’engagement engagé auprès d' Enel a notamment précédé une amélioration de la transparence du groupe énergétique concernant sa stratégie de sortie du charbon. L’entreprise a publié une feuille de route détaillée centrale par centrale et réaffirmé son objectif d’abandon complet du charbon d’ici 2027. Avec Veolia, Generali et un collectif d’investisseurs ont contribué au renforcement du plan d’action climatique du groupe. Validée par l’initiative Science Based Targets, la trajectoire publiée en 2024 prévoit une réduction de 50 % des émissions directes (scopes 1 et 2) et de 30 % des émissions indirectes (scope 3) d’ici 2032, accompagnée de 1,1 milliard d’euros d’investissements supplémentaires en faveur de la transition climatique.
Sur la biodiversité, l’exemple de Bayer illustre lui aussi l’un des niveaux les plus élevés de l’échelle VOICE. L’entreprise a reconnu le rôle joué par Generali Asset Management dans l’initiation et la structuration du dialogue sur les enjeux de biodiversité. Elle a également renforcé sa transparence, notamment sur ses activités de lobbying, et intégré davantage de critères ESG dans ses opérations de fusion-acquisition. Ces reconnaissances explicites constituent la preuve la plus robuste de l’influence recherchée par la méthodologie.
Mieux mesurer pour renforcer la crédibilité
VOICE ne cherche pas à attribuer à un investisseur l’entière responsabilité des décisions prises par une entreprise. Les transformations résultent généralement d’un ensemble de facteurs, internes comme externes. La méthodologie apporte néanmoins un cadre commun permettant de documenter la contribution de l’engagement actionnarial, de distinguer influence et causalité, et de rendre les résultats plus comparables et plus transparents.
Pour Generali, cette approche ouvre la voie à une évaluation plus qualitative de l’engagement actionnarial, tant au niveau de Generali France que du Groupe et de ses filiales. Elle complète une vision déjà prudente de la notion de « résultat positif », fondée sur l’observation de changements vérifiables et cohérents avec les objectifs poursuivis, sans revendiquer systématiquement une causalité directe.
Au-delà des indicateurs et des méthodologies, l’enjeu est de mieux rendre compte de ce qui fait la valeur de l’engagement : la qualité du dialogue, la constance dans le temps, les ressources mobilisées et, surtout, les transformations auxquelles les investisseurs ont contribué. Une condition essentielle pour que l’engagement actionnarial joue pleinement son rôle d’accélérateur de la transition vers des modèles économiques plus durables et créateurs de valeur à long terme.
Pour en savoir plus sur la stratégie durabilité de Generali France, découvrez le rapport “L’Essentiel de la durabilité”.
Communiqué lié
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