INTERVIEW D’ÉLISE GINIOUX, PRESIDENTE DE THE HUMAN SAFETY NET EN FRANCE : « Nous accélérons l’impact de notre fondation en faveur des familles précaires et des réfugiés »

7 mars 2022

Article publié dans l'Argus Green le 07 mars 2022.

 

Parmi les nombreux engagements de Generali en matière de durabilité, sa fondation, The Human Safety Net, s’inscrit depuis 2017 comme une initiative majeure. Alors que l’annonce d’un programme particulièrement riche pour 2022 se profile, nous avons demandé à sa Présidente française de dresser son bilan à fin 2021. À cette occasion, Élise Ginioux est revenue sur les deux dernières années marquées par la pandémie, l’accélération de l’impact des programmes menés au cours de douze derniers mois et elle nous a donné un avant-goût des prochains déploiements. 

Comment décririez-vous la mission de The Human Safety Net (THSN) à ceux qui ne connaissent pas la fondation ?

Élise Ginioux : THSN est un mouvement d’entraide international créé en 2017, c’est aussi un réseau de 23 pays, répartis sur 3 continents, engagés dans des programmes à travers le monde, et en particulier la France, articulés autour de 2 axes. D’abord, nous soutenons les familles en situation de grande précarité : les enfants de 0 à 6 ans, 80 % de leur capacité d’apprentissage se développant dans cette tranche d’âge, et leurs parents. Ensuite, nous accompagnons aussi vers l’emploi et l’inclusion économique les réfugiés qui bénéficient d’une protection internationale et souhaitent créer leur activité en se lançant dans l’entreprenariat. Soutenir l’égalité des chances et libérer les potentiels des personnes vulnérables est une vocation qui a plus que jamais pris son sens au cours des 2 dernières années de pandémie.

Qui est impliqué dans la fondation en France ?

Élise Ginioux : Nous nous sommes engagés dans la co-construction et le co-pilotage d’actions avec un réseau d’associations partenaires : 4 sur le programme familles et 3 sur le programme réfugiés.  En cela, la France a d’ailleurs joué un rôle majeur en se positionnant comme un laboratoire d’innovation et d’expérimentation en termes de partenariats au sein du réseau mondial The Human Safety Net.

Dès l’origine, les salariés et agents de Generali ont été mobilisés pour constituer une véritable force motrice. Ainsi, plus de 500 collaborateurs de Generali se sont déjà engagés en tant que volontaires pour offrir leurs compétences numériques ou soutenir des collectes de dons. Nous sommes allés encore plus loin dans l’innovation en créant avec notre partenaire INCO en 2021 le fonds « Generali Investissement à Impact », désormais labélisé « Finansol » et « Relance ». La stratégie d’investissement du fonds est totalement alignée avec nos axes THSN puisqu’il investit dans des associations ou entreprises non cotées à fort impact social venant en soutien aux personnes en situation de précarité. Je suis très fière de notre capacité à avoir aligné solidarité et utilité sociale de THSN avec le lancement d’un nouveau produit phare pour les clients de Generali France.

Comment votre engagement auprès des familles précaires s’est-il concrétisé en 2021 ?

Élise Ginioux : Soutenus par un maillage territorial très fort grâce à notre réseau d’associations partenaires, nous avons accompagné fin 2021 un total de 7 665 enfants et 5 737 parents. Avec les Apprentis d’Auteuil, l’Association Départementale de Sauvegarde Enfance (29), Intermèdes Robinson (91) et les Restos Bébés du Cœur (47), nous nous donnons les moyens de créer de l’impact. Nous avons en particulier déployé des espaces d’accompagnement de jeunes enfants et des programmes d’aide à la parentalité. Nos associations partenaires du programme proposent à Marseille, Brest ou encore Amiens des ateliers pour les parents (bonnes pratiques en matière de gestion du budget, nutrition, santé, sport, informatique…), des activités favorisant les échanges entre enfants et parents (animations, sorties ludo-éducatives, culturelles) et des activités de soutien scolaire, de lecture ou de support informatique assurées par des bénévoles. De plus, depuis le début de la crise du Covid, nous avons pu distribuer plus de 50 000 masques et 500 ordinateurs via les réseaux Apprentis d’Auteuil à Bordeaux, Mulhouse, Vaulx-en-Velin, Amiens, Montdidier, à l’ADSEA à Brest, à Intermèdes Robinson à Longjumeau ou encore aux Restos Bébés du Cœur à Agen.

Quel est l’impact de votre soutien aux réfugiés ?

Élise Ginioux : Notre mission consiste à apporter aux incubés entrepreneurs les méthodes, les outils et les réseaux dont ils manquent en France, la maîtrise des processus administratifs de création d’entreprise : nous avons la conviction que l'insertion professionnelle et le développement d'un projet entrepreneurial permettent de faciliter l’intégration en France et que ces entrepreneurs apportent une grande richesse à notre pays. En 4 ans, The Human Safety Net a apporté son soutien à 506 personnes réfugiées dans leur parcours d’insertion professionnelle. En travaillant avec deux associations partenaires reconnues pour la qualité de leur travail en matière d’intégration, La Ruche et Singa, nous avons contribué à la création de 102 entreprises au total. Deux structures spécialisées dans l’accompagnement des créateurs d’entreprise (incubateurs) apportent un soutien aux personnes réfugiées qui souhaitent créer leur propre entreprise, notamment en aidant à la définition de leur projet, avec du mentorat par des collaborateurs de Generali ou avec de la formation. Les deux premières structures, issues d’un consortium d’acteurs privés, publics, associatifs et supervisées par La Ruche, ont été créées à Montreuil en 2019 et à Saint-Denis en 2021. Convaincu, le ministère du Travail a décidé de soutenir ce déploiement dans le cadre du Plan Investissement dans les Compétences (PIC).

Mais concrètement, quelles sont les entreprises que vous avez aidées à voir le jour ?

Élise Ginioux : Au-delà des chiffres et des expertises, The Human Safety Net est avant tout un révélateur de talents et de parcours de vie d’une richesse incroyable. Des hommes et des femmes qui font tous preuve de résilience avec la volonté de s’engager dans un projet entrepreneurial après leur déracinement. Je pense à Ghaees, créateur syrien de Kaoukab, une entreprise de l’économie sociale et solidaire qui collecte gratuitement les déchets métalliques en favorisant le recyclage. Il y a également Leen qui, après avoir quitté la Syrie, est devenue conceptrice de visites de célèbres monuments parisiens aux architectures insolites. Je peux aussi citer Carlos, un entrepreneur réfugié qui importe du café de Colombie, torréfié à Paris et redistribué en entreprises. Un dernier exemple, Izuba et sa plateforme de vente en ligne qui vise à faire connaître et rendre accessible l’art contemporain et l'artisanat artistique est-africains. Les projets des entrepreneurs que nous accompagnons relèvent de domaines variés comme l’art, la mode, la culture, la technologie, la restauration, l’insertion professionnelle, le conseil…

Continuez-vous votre développement en 2022 ?

Élise Ginioux : Signe de l’accélération du déploiement de THSN, beaucoup d’annonces sont à venir dans les prochaines semaines. Elles concerneront les deux axes de la fondation. Le programme famille va bénéficier de la force de frappe d’un nouveau partenaire de premier plan. Côté réfugié, je ne peux pas encore tout révéler, mais je peux déjà confirmer qu’un troisième incubateur va être lancé en collaboration avec Singa en France, à Strasbourg, dans une logique bi-nationale avec l’Allemagne. De plus, nous développons un nouveau partenariat avec Each One pour un programme de formation en alternance de data analystes, une expertise extrêmement recherchée dans notre secteur. Notre grande chaîne de solidarité fédèrera un nombre toujours plus grand de bénévoles, experts et associations qui nous permettront d’annoncer très prochainement des objectifs ambitieux à l’horizon 2024. Enfin, notre groupe prépare la réouverture, après des années de travaux, des Procuratie Vecchie qui abriteront le siège de THSN Monde au cœur de Venise : je trouve cela hautement symbolique qu’un bâtiment si prestigieux devienne le navire-amiral de notre fondation et de Generali.

Pour terminer, impossible de ne pas évoquer la crise ukrainienne qui s’intensifie au moment même de notre entretien. Comment vous mobilisez-vous auprès des réfugiés ?

Le Groupe a décidé de faire un don de 3 millions d'euros pour soutenir les programmes en faveur des réfugiés, incluant une donation au Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), qui est actuellement en première ligne pour apporter une réponse humanitaire en Ukraine. Une campagne de collecte auprès des collaborateurs du Groupe est également en cours, les dons étant abondés de 1 pour 1 par Generali. Le fruit de cette collecte sera remis à l'Unicef afin de soutenir ses actions pour aider les familles touchées.

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